Kinshasa 31 décembre 2025 – Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a vivement dénoncé, dans un communiqué officiel, la poursuite de l’occupation illégale de son territoire par les forces rwandaises, accusées d’étendre progressivement leur emprise dans l’Est du pays, notamment dans la région d’Uvira et ses environs.
Selon les autorités congolaises, cette progression militaire se fait de manière délibérée et continue, avec une avancée marquée vers le sud. Kinshasa y voit une agression caractérisée contre la souveraineté nationale, constituant une violation grave et répétée du droit international, ainsi qu’un mépris assumé des engagements régionaux et internationaux souscrits par Kigali.

Une situation humanitaire jugée alarmante
Le gouvernement congolais alerte sur l’aggravation dramatique de la situation sécuritaire et humanitaire dans les zones concernées. D’après des informations issues de la société civile, consolidées par des sources humanitaires et corroborées par les services de l’État, plus de 500 000 personnes ont été déplacées depuis le début des opérations militaires.
Le bilan provisoire fait état de plus de 1 500 morts civils, consécutifs à des bombardements et à l’utilisation de drones kamikazes sur l’axe Kamanyola–Uvira depuis le début du mois de décembre. Les populations civiles seraient directement exposées à des violences massives, dans un contexte de forte insécurité.
Accusations de renforts militaires rwandais
Le communiqué gouvernemental fait également état de l’arrivée de trois nouveaux bataillons rwandais déployés dans les hauts plateaux d’Uvira, de Fizi et de Mwenga. Ces forces opéreraient, selon Kinshasa, sous couvert du groupe Twirwaneho afin de masquer leur identité réelle et leurs responsabilités.
Les mouvements observés traduiraient une manœuvre militaire planifiée visant une descente vers Fizi, puis une avancée stratégique en direction de Kalemie, dans la province du Tanganyika.
Kinshasa rejette le discours de Kigali
Le gouvernement congolais rejette catégoriquement les déclarations des autorités rwandaises évoquant un prétendu retrait de leurs troupes, affirmant que ces propos sont démentis par les faits établis sur le terrain et relèvent d’un « double discours inacceptable ».
Tout en réaffirmant sa position ferme contre toute forme de discrimination, Kinshasa rappelle que l’agression armée, l’occupation de portions du territoire national et les crimes documentés engagent pleinement la responsabilité internationale de leurs auteurs.

Exigence d’un retrait immédiat et sans condition
Dans ce contexte, la RDC exige le retrait immédiat, effectif, vérifiable et sans condition des troupes rwandaises d’Uvira et de l’ensemble des territoires congolais occupés. Cette demande s’inscrit dans le cadre de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies et de l’Accord de paix de Washington.
Le gouvernement appelle également à la cessation immédiate de toutes les opérations contre les populations civiles et exhorte ses partenaires internationaux à utiliser tous les leviers contraignants à leur disposition pour faire respecter le droit international.
Clarification sur l’affaire Sylvain Ekenge
S’agissant des propos récemment tenus par le général Sylvain Ekenge, le gouvernement rappelle que des mesures immédiates ont été prises, notamment sa suspension et l’ouverture d’une procédure disciplinaire, conformément aux lois et principes de la République. Kinshasa souligne qu’un manquement individuel relève de la responsabilité personnelle de son auteur.
Détermination à restaurer l’autorité de l’État
Enfin, le gouvernement de la République démocratique du Congo réaffirme sa détermination à rétablir l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national et à poursuivre toutes les démarches diplomatiques, politiques et judiciaires nécessaires afin que les auteurs et commanditaires de ces crimes répondent de leurs actes, sans exception.
