Le gouvernement congolais a décidé d’un assouplissement partiel et strictement encadré de la suspension des activités minières dans la province du Lualaba, à l’issue d’un contrôle de grande envergure ayant mis en lumière des violations généralisées du Code minier par les entités de traitement de la filière cuprifère.
Dans un communiqué publié ce 5 janvier 2026, le ministre des Mines, Louis Kabamba Watum, annonce une levée partielle et temporaire de la mesure de suspension, limitée aux entités opérant exclusivement au Lualaba. Cette décision intervient après la mission de contrôle menée par une commission ministérielle déployée sur le terrain fin décembre 2025.
Un contrôle qui accable les entités de traitement
Les travaux de la commission, structurés autour de trois volets clés — administratif et juridique, technique, traçabilité et conformité — ont révélé des manquements graves et systématiques aux règles en vigueur. Le contrôle s’est déroulé sous l’accompagnement des autorités provinciales, des services techniques, des coopératives minières, des négociants et de la société civile.

Malgré ces constats accablants, le ministère a opté pour une reprise conditionnelle des activités au Lualaba, autorisant les entités concernées à recevoir des minerais issus des sites artisanaux légaux ou tolérés, sous la surveillance étroite des services provinciaux des Mines et du SAEMAPE.
Haut-Katanga maintenu sous suspension
Aucune concession n’est accordée aux entités basées dans le Haut-Katanga, où la suspension demeure en vigueur dans l’attente des conclusions finales du contrôle de conformité.
Le message du gouvernement est clair :
pas de reprise sans régularisation.
Notifications, sanctions et pénalités financières
Chaque entité de traitement recevra, dans les 72 heures, une notification individuelle détaillant les mesures correctives exigées ainsi que les pénalités financières à payer, conformément à la législation minière. Le non-respect de ces exigences exposera les contrevenants à des sanctions renforcées.
Luilu Resources exclue du dispositif
Le cas de Luilu Resources illustre la fermeté affichée par les autorités. Faute d’avoir présenté des preuves techniques et de traçabilité devant la commission, l’entreprise reste totalement suspendue et est sommée de comparaître à Lubumbashi dans un délai de trois jours, sous peine de lourdes sanctions.
Cap sur la traçabilité et la lutte contre la fraude
Le ministère des Mines souligne que cette décision s’inscrit dans la stratégie nationale de lutte contre la fraude minière, visant à sécuriser la chaîne d’approvisionnement, conformément aux standards de l’OCDE et au Manuel national de traçabilité.
La levée définitive de la suspension reste strictement conditionnée à la mise en conformité effective de chaque entité de traitement. Le secteur minier congolais est désormais sommé de se plier aux règles ou de quitter le jeu.
