L’Union africaine (UA) a condamné avec la plus grande fermeté l’attaque par drones menée contre l’aéroport de Kisangani, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), une opération revendiquée par le mouvement armé AFC/M23.
Dans un communiqué publié ce jeudi 6 février 2026 depuis Addis-Abeba, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a exprimé sa vive préoccupation face à cette attaque visant une infrastructure aéroportuaire située en plein centre urbain, exposant gravement les populations civiles.
Selon l’UA, cette attaque constitue une violation grave du droit international humanitaire, notamment des principes fondamentaux de distinction, de proportionnalité et de précaution. L’organisation panafricaine rappelle qu’en l’absence de preuves établissant de manière objective le caractère strictement militaire de la cible, une telle infrastructure conserve son statut de bien civil et bénéficie, à ce titre, d’une protection totale en vertu du droit international.
S’appuyant sur les instruments juridiques de l’Union africaine, en particulier la Convention de l’OUA de 1999 sur la prévention et la lutte contre le terrorisme et son Protocole de 2004, le président de la Commission estime que cette attaque est susceptible d’être qualifiée d’acte terroriste. Il souligne que les groupes armés non étatiques ne peuvent invoquer aucune justification politique, sécuritaire ou militaire pour légitimer des actes mettant en danger des civils ou des infrastructures à usage civil.

L’Union africaine met également en garde contre l’élargissement du théâtre des hostilités à des villes éloignées des lignes de front, un scénario jugé particulièrement dangereux, susceptible d’aggraver l’escalade du conflit, de menacer la stabilité nationale et régionale et d’alourdir une situation humanitaire déjà critique dans l’est de la RDC.
Face à cette situation, le président de la Commission appelle l’AFC/M23 à cesser immédiatement les hostilités, à renoncer à l’usage de moyens et méthodes de guerre indiscriminés et à respecter strictement les engagements pris dans le cadre des efforts de paix en cours. Il exhorte par ailleurs l’ensemble des parties concernées à mettre en œuvre, sans délai et de bonne foi, l’Accord de Doha, considéré comme un socle essentiel pour un cessez-le-feu effectif, une désescalade durable et un retour au dialogue politique.
Enfin, l’Union africaine a réaffirmé son attachement indéfectible à la souveraineté, à l’unité et à l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo. Elle a renouvelé son engagement à soutenir, en étroite coordination avec les mécanismes régionaux et internationaux compétents, toutes les initiatives crédibles visant à restaurer la paix, la sécurité et la stabilité dans l’est du pays.
