Kinshasa, 14 août 2026 — Le renvoi au Parlement de la loi sur le référendum par le président Félix Tshisekedi ne convainc pas Olivier Kamitatu. Dans une tribune publiée ce vendredi 14 août, l’opposant estime que cette décision, prise le 10 août, constitue davantage un report de procédure qu’une garantie sur le fond du texte.
Selon Olivier Kamitatu, l’intégration des treize réserves formulées par la Cour constitutionnelle pourrait certes rendre la proposition de loi « plus lisse, plus solide, et beaucoup plus difficile à attaquer ». Mais elle ne permettrait pas, à ses yeux, de lever les interrogations soulevées par l’arrêt rendu le 28 juillet.
L’ancien directeur de cabinet de Joseph Kabila souligne notamment que cette décision de la Cour constitutionnelle a consacré, selon son interprétation, un pouvoir constituant originaire du peuple « illimité et jamais épuisé ». Une formulation qui, estime-t-il, maintient l’inquiétude autour de l’avenir des dispositions constitutionnelles, notamment celles relatives à la limitation des mandats présidentiels.
Olivier Kamitatu rappelle également que l’opposition a, à deux reprises, suspendu ses marches et fixé au 15 août une échéance liée au maintien de l’article 220 de la Constitution. Cette disposition protège notamment le principe de limitation du nombre de mandats présidentiels.
Face à cette situation, il appelle Félix Tshisekedi à retirer purement et simplement la proposition de loi sur le référendum et à formaliser par écrit son engagement à ne pas toucher à l’article 220.
À défaut, le geste présidentiel du 10 août ne serait, selon lui, qu’« une parenthèse de procédure destinée à consolider un instrument ». Une analyse qui relance le débat politique autour de la réforme constitutionnelle et du recours éventuel au référendum en République démocratique du Congo.
