L’épidémie d’Ebola continue de susciter de vives inquiétudes en Ituri. Le député national Gratien Iracan affirme partager « à cent pour cent » le constat de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) selon lequel la situation reste loin d’être maîtrisée dans cette province de l’est de la République démocratique du Congo.
L’élu de Bunia dénonce notamment les difficultés d’accès à plusieurs zones de santé, qu’il estime aujourd’hui « hors de contrôle » de l’État. Selon lui, cette situation est liée à l’insécurité provoquée par la présence de groupes armés, à l’enclavement de certaines zones, mais aussi au recours de certaines populations aux tradipraticiens.
Ces difficultés compliqueraient fortement le suivi de l’épidémie et empêcheraient, selon le député, d’établir un dénombrement fiable du nombre réel de cas d’Ebola.

Gratien Iracan cite notamment la zone minière de Nizi, où le personnel soignant observe une grève depuis quatre jours, paralysant davantage la prise en charge sanitaire. Il évoque également certaines zones de santé, dont Damas, difficilement accessibles en raison de leur localisation en pleine forêt et de la menace des groupes armés.
L’élu affirme par ailleurs que plusieurs agents de santé auraient perdu la vie après avoir contracté la maladie alors qu’ils tentaient d’évacuer des patients.
Pour Gratien Iracan, ces difficultés témoignent d’une aggravation de la situation sanitaire en Ituri et révèlent, plus largement, les faiblesses du système de santé congolais face à l’urgence provoquée par l’épidémie d’Ebola.
Face à cette situation, le député appelle à renforcer l’accès aux zones affectées, la sécurité des équipes médicales et la prise en charge des malades afin de permettre un meilleur contrôle de l’épidémie.
