La coalition C64 a évalué ce lundi 27 octobre 2026 à Rome son action depuis sa création le 19 mai 2026 et la situation politique, sécuritaire et humanitaire en RDC.
Dans une déclaration lue devant la presse par ses leaders, dont Claudel Lubaya au centre de la table, la coalition dit s’inquiéter de la poursuite du projet de changement de Constitution, de l’escalade militaire et des risques de balkanisation du pays.
1. Primauté de la Constitution et alternance démocratique :
Faisant suite à l’adoption le 23 octobre 2026 par l’Assemblée nationale du texte fixant les conditions d’organisation du référendum, la C64 rappelle qu’une majorité parlementaire ne peut s’affranchir de la Constitution. « Une loi pour le référendum ne saurait contourner les verrous de l’article 220, notamment ceux liés au nombre et à la durée des mandats présidentiels », affirme-t-elle. Elle estime qu’aucune ambition personnelle de Félix Tshisekedi ne justifie la confiscation du pouvoir.
Fidèle à l’article 64, elle condamne avec la même fermeté ce qu’elle qualifie de « projet de coup d’État constitutionnel » visant à utiliser les institutions et les forces de sécurité pour se maintenir au-delà des limites constitutionnelles, et le recours aux armes pour conquérir le pouvoir.
Elle réaffirme son rejet de tout changement de Constitution, de tout troisième mandat, de tout report des élections prévues en 2028 et de toute prise de pouvoir par les armes.
2. Dialogue national inclusif et processus de Doha :
La C64 estime qu’il n’y a pas d’issue militaire à la crise et appelle à un dialogue national inclusif pour la cessation des hostilités et la réunification du pays. Elle demande que le processus de Doha soit coordonné, produise des résultats vérifiables avec respect du cessez-le-feu et protection des civils, et exige l’application de la résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’ONU sur le retrait des troupes étrangères.
3. Libertés publiques :
La coalition exige la cessation des arrestations arbitraires, le retour des exilés politiques, la fin des procès politiquement motivés et la libération des personnes détenues pour leurs opinions. Elle rappelle l’interdiction des milices privées prévue par l’article 190 de la Constitution et exige notamment la dissolution des « Forces du Progrès », milice du parti au pouvoir.
Elle demande une enquête indépendante et internationale sur les violations dénoncées lors des manifestations du 12 juin et 15 septembre 2026 ainsi que sur l’assassinat de Manassé Lomboto, et exige la libération immédiate de Marley Vouvou, Prince Epengue et Stéphane Kishabongo.
4. Initiative politique :
Face à l’extrême gravité de la situation, la C64 annonce prendre deux initiatives :
– Rencontrer le président Félix Tshisekedi d’une part et le président honoraire Joseph Kabila d’autre part, afin de trouver une solution congolaise à la crise et convenir d’un vrai dialogue national inclusif ;
– Conduire un plaidoyer auprès des partenaires de la RDC pour soutenir une solution négociée et durable.
La déclaration a été faite à Rome le 27 octobre 2026.
