Le président Félix-Antoine Tshisekedi a lancé, ce lundi à Maluku, le projet de la Nouvelle Ville de Kinshasa, marquant une rupture avec des décennies d’urbanisation non planifiée dans la capitale congolaise. Cette initiative s’inscrit dans la continuité du Plan Directeur d’Industrialisation adopté en 2021 et vise à répondre à la pression démographique et économique d’une métropole estimée à plus de 16 millions d’habitants.
Au cœur du projet, un pôle industriel multisectoriel adossé à la zone KIN MALEBO, déjà dynamisée par la Zone Économique Spéciale (ZES) de Maluku. Huit parcs industriels sont annoncés, notamment dans la haute technologie et l’électronique, l’économie circulaire, les industries de transformation (bois, textile, matériaux de construction) ainsi que les secteurs stratégiques, dont l’assemblage industriel et les produits pharmaceutiques.
Les objectifs chiffrés pour la période 2025-2030 sont ambitieux : l’installation de 1 200 unités industrielles, la création de 225 000 emplois dont 30 000 dès la première année et l’aménagement de 75 000 hectares, incluant des espaces dédiés aux services publics (administrations, écoles, hôpitaux, logements).
Pour les autorités, ce projet vise à réduire la dépendance aux importations et à structurer une croissance urbaine maîtrisée. « Le temps de l’improvisation est révolu », a déclaré le chef de l’État, soulignant la nécessité d’une planification à long terme face à une croissance démographique estimée à 5,1 % par an.
Quelques jours plus tôt, lors d’une cérémonie à la Cité de l’Union africaine, Félix-Antoine Tshisekedi avait lié cette vision de reconstruction à la recherche de la paix et à la relance économique nationale. Avec la Nouvelle Ville de Kinshasa, le gouvernement entend poser les bases d’un nouveau modèle urbain et industriel, dont la mise en œuvre et l’impact réel seront scrutés dans les années à venir.
