Le parti politique Ensemble pour la République a rejeté, lundi 2 février 2026, le projet de dialogue national tel que proposé par le président Félix Tshisekedi, qu’il qualifie de « simulacre de dialogue ». Dans une déclaration rendue publique à Kinshasa, la formation politique dirigée par l’opposition réaffirme son attachement à un dialogue national inclusif, mais sous des conditions strictes visant à restaurer la confiance politique et sociale en République démocratique du Congo.
S’exprimant dans le cadre de l’initiative conjointe lancée le 15 janvier 2025 par la CENCO et l’Église du Christ au Congo (ECC) en faveur d’un Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble, Ensemble pour la République estime que seul un dialogue sincère, inclusif et apaisé peut permettre au pays de sortir de la crise multidimensionnelle qu’il traverse.
Un dialogue sous médiation neutre
Le parti insiste sur la nécessité d’un dialogue placé sous l’égide d’une médiation morale et neutre, telle que celle proposée par la CENCO et l’ECC. Selon lui, toute initiative qui exclurait des acteurs essentiels de la nation serait vouée à l’échec. Ensemble pour la République souligne qu’un dialogue crédible ne peut être une rencontre de convenance entre alliés politiques, mais un cadre destiné à traiter les causes profondes de la crise politique, sécuritaire, sociale et morale qui affecte le pays.

Des préalables jugés indispensables
Dans sa déclaration, Ensemble pour la République énumère plusieurs préalables incontournables à l’ouverture d’un dialogue qu’il juge crédible. Parmi ceux-ci figurent la levée de toutes les condamnations à caractère politique, la libération immédiate des prisonniers politiques et d’opinion, la fin des poursuites judiciaires instrumentalisées à des fins politiques, ainsi que la levée des restrictions arbitraires à la délivrance des passeports et à la liberté de circulation des opposants.
Le parti appelle également à la cessation de toute forme de répression visant à intimider ou exclure les voix dissidentes, estimant que ces mesures constituent le socle minimal de confiance sans lequel aucun dialogue sincère ne saurait aboutir.
Accusations de contradictions au sommet de l’État
Ensemble pour la République dénonce par ailleurs ce qu’il qualifie de contradictions flagrantes dans le chef du président Félix Tshisekedi. Le parti lui reproche de refuser un dialogue politique avec l’opposition congolaise en dehors de Kinshasa, tout en engageant des discussions avec l’AFC/M23 à Doha, hors du territoire national.
La formation politique critique également la posture du chef de l’État sur la Constitution, l’accusant de se présenter comme son garant tout en laissant prospérer, au sein de sa majorité, des discours favorables à une éventuelle modification constitutionnelle. À ce sujet, Ensemble pour la République rappelle que Félix Tshisekedi est engagé dans son second et dernier mandat, qui s’achève en 2028, et met en garde contre toute tentative de glissement ou de révision constitutionnelle.
Soutien aux efforts de médiation régionale
Enfin, Ensemble pour la République réaffirme son soutien aux efforts de médiation régionale, notamment ceux du président angolais João Lourenço, ainsi qu’à l’engagement de l’Union africaine, sous la conduite du président togolais Faure Gnassingbé, en faveur d’une paix durable et d’une solution politique africaine à la crise qui secoue la région des Grands Lacs.
Cette prise de position intervient dans un contexte politique et sécuritaire tendu, alors que les appels à un dialogue national inclusif se multiplient face à la persistance des conflits armés et à la crise de confiance entre les acteurs politiques congolais.
