Douze mouvements citoyens de la province du Sud-Kivu ont publié, ce 12 mai 2026, un communiqué conjoint dans lequel ils rejettent toute initiative de révision constitutionnelle ou de « troisième mandat déguisé » en République démocratique du Congo.
Dans cette déclaration signée notamment par les mouvements LUCHA, Filimbi et Front Citoyen, les signataires disent avoir suivi avec « inquiétude » le récent point de presse du président Félix Tshisekedi tenu le 6 mai à Kinshasa.

Les mouvements citoyens estiment que certaines déclarations du chef de l’État alimentent progressivement un débat orienté vers une révision de la Constitution et un éventuel dépassement du mandat présidentiel. Selon eux, cette perspective intervient dans un contexte national marqué par la guerre dans l’Est, les difficultés économiques, la crise politique ainsi que la précarité sociale grandissante.
Dans leur communiqué, les organisations dénoncent également l’absence de réponses concrètes face à la crise sécuritaire qui secoue les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri. Elles affirment que la population attendait davantage des mesures fortes concernant la reconquête des territoires occupés, la protection des civils et le retour des déplacés.

« Aucune réforme constitutionnelle ne peut être engagée dans un climat de guerre, de méfiance politique et de souffrance généralisée », écrivent les signataires, qui considèrent la Constitution de 2006 comme « un pacte national obtenu au prix de nombreux sacrifices ».
Les mouvements citoyens appellent par ailleurs la jeunesse, la société civile, les confessions religieuses ainsi que l’opposition politique à rester mobilisées pour défendre l’ordre constitutionnel et les principes démocratiques.
Dans un ton particulièrement ferme, les organisations accusent certains acteurs politiques de vouloir instrumentaliser la guerre dans l’Est afin de se maintenir au pouvoir au-delà de 2028. Elles qualifient cette éventualité de « haute trahison ».
Le communiqué se conclut par un appel à l’unité nationale et à l’alternance démocratique, tout en affirmant que « la Constitution est sacrée » et qu’elle sera défendue « jusqu’au sacrifice suprême ».

