Une situation préoccupante secoue actuellement la ville de Kolwezi. La morgue de l’hôpital Mwangeji fait face à une saturation critique, conséquence du refus présumé des autorités urbaines de procéder à l’inhumation de plusieurs corps abandonnés et non réclamés conservés depuis plusieurs jours dans les installations hospitalières.
Selon des informations recueillies auprès de sources hospitalières, le frigo mortuaire de l’établissement serait aujourd’hui proche de sa capacité maximale. Cette situation inquiète autant le personnel médical que les familles endeuillées, qui redoutent une aggravation rapide de la crise si aucune mesure urgente n’est prise.
« Nous atteignons un seuil critique. Si les autorités ne réagissent pas rapidement, nous risquons de ne plus pouvoir accueillir de nouveaux corps dans des conditions acceptables », confie un agent de l’hôpital sous anonymat.
Une compétence relevant des autorités urbaines
En République démocratique du Congo, la prise en charge des corps abandonnés, non identifiés ou non réclamés relève généralement des autorités municipales, sous la supervision du parquet compétent. Cette responsabilité vise à garantir le respect de la dignité humaine, mais également à prévenir tout risque sanitaire lié à une conservation prolongée des dépouilles.
À Kolwezi, plusieurs observateurs estiment que le manque de réaction des autorités locales face à cette urgence contribue à accentuer la pression sur les structures sanitaires déjà fragilisées.
Une menace sanitaire et humanitaire grandissante
La saturation de la morgue de Mwangeji soulève de sérieuses inquiétudes sur les plans sanitaire, social et administratif.
Sur le plan médical, une accumulation excessive des corps pourrait provoquer des dysfonctionnements des équipements de conservation et compromettre les normes d’hygiène hospitalière. Le personnel craint également une détérioration rapide des conditions de stockage si la situation perdure.
Pour les familles concernées, l’épreuve devient de plus en plus difficile. Certaines dénoncent des frais supplémentaires liés à la prolongation de la conservation des corps, tandis que d’autres s’interrogent sur le respect de la dignité accordée à leurs proches décédés.
Par ailleurs, cette crise pourrait perturber le fonctionnement normal de l’hôpital, notamment en limitant la capacité de prise en charge de nouveaux décès provenant des services médicaux ou des interventions des forces de sécurité.
Des appels pressants à une intervention provinciale
Face à l’ampleur de la situation, plusieurs voix appellent désormais à l’implication directe des autorités provinciales du Lualaba afin de trouver une solution rapide et durable.
Des acteurs de la société civile plaident pour la mise en place d’un mécanisme permanent de gestion des corps abandonnés ou non réclamés, dans une ville en pleine expansion démographique comme Kolwezi.
Au-delà de l’urgence actuelle, cette affaire met en lumière les défis croissants auxquels sont confrontées les infrastructures sanitaires et municipales de la province, notamment en matière de gestion mortuaire et de salubrité publique.
En attendant une réaction officielle des autorités concernées, les familles touchées continuent de lancer un appel urgent afin que les dépouilles soient traitées avec dignité et que des mesures concrètes soient prises dans les plus brefs délais.
