La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a pris une position ferme dans le débat sur une éventuelle révision de la Constitution en République démocratique du Congo. Dans une déclaration rendue publique, l’Église catholique estime qu’il n’existe « ni nécessité, ni urgence, ni opportunité » de modifier la Loi fondamentale.
Les évêques catholiques rappellent leur attachement au respect strict des dispositions constitutionnelles, notamment celles relatives à la limitation des mandats présidentiels. « Comme nous l’avions dit en 2018 et nous le réaffirmons : le Président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. Il s’en suit que tout président ayant épuisé le deuxième mandat ne peut plus en briguer un troisième », souligne la CENCO.
L’épiscopat congolais considère que la priorité actuelle devrait être la préservation de la cohésion nationale et l’organisation des prochaines élections dans les délais prévus par la Constitution. À cet effet, il réitère son soutien à l’initiative du Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble en RDC et dans la région des Grands Lacs, portée conjointement par la CENCO et l’Église du Christ au Congo (ECC).

« Nous sommes convaincus que seul le dialogue, dans l’esprit de cette initiative, permettra de consolider la cohésion nationale et surtout d’organiser les élections dans le respect du délai constitutionnel », affirme l’Église catholique.
De son côté, le secrétaire général de la CENCO, Donatien Nshole, a critiqué la campagne en faveur d’un changement de la Constitution. Selon lui, plusieurs acteurs engagés dans ce débat ne maîtrisent pas réellement les enjeux du texte constitutionnel. « Beaucoup de gens qui sont dans cette campagne-là ne connaissent même pas les articles de la Constitution à changer et pourquoi on doit les changer », a-t-il déclaré.
Cette prise de position intervient alors que les discussions autour d’une éventuelle réforme constitutionnelle continuent d’alimenter le débat politique en RDC, à l’approche des prochaines échéances électorales.
