Le patrimoine culturel du Katanga s’invite sur la scène artistique londonienne. À travers sa résidence, soutenue par la Defis Foundation au Studio Voltaire, d’avril à juin 2026, l’artiste congolais Georges Senga a choisi de mettre en lumière, dans le cadre de son projet de recherche intitulé « Les liens invisibles des fractales : la coexistence inaperçue des formes géométriques africaines », une expression culturelle encore peu connue du grand public : le Kushiripa, une tradition de peinture murale éphémère pratiquée par les femmes Lamba dans le village de Makwacha, dans la province du Haut-Katanga.
Georges Senga, artiste originaire de Lubumbashi qui vit et travaille entre Lubumbashi et Maastricht, s’intéresse ainsi à cette pratique culturelle Lamba et à ses motifs géométriques.

Au cœur de cette pratique se trouve un savoir-faire transmis au fil des générations. Les femmes Lamba réalisent des peintures murales aux formes et motifs caractéristiques, destinées à habiller temporairement les espaces de vie. Ces créations, bien qu’éphémères, constituent une véritable mémoire visuelle de la communauté Lamba.

C’est précisément cette richesse graphique qui a retenu l’attention de Georges Senga. Durant sa résidence, l’artiste a documenté ces peintures murales et en a extrait certains motifs pour les transposer sur des pagnes, donnant ainsi une nouvelle vie à un patrimoine culturel traditionnel.
Cette démarche établit un dialogue entre tradition et création contemporaine. Les motifs issus du Kushiripa quittent le cadre des murs pour investir le textile, permettant à ces signes visuels de circuler dans un autre environnement tout en conservant leur lien avec leur origine culturelle.


Le travail de Senga s’inscrit également dans une recherche plus large sur les langages visuels subsahariens. Il a notamment rapproché ses photographies et recherches sur le Kushiripa avec des archives consacrées à des textiles malgaches finement tissés, autour de deux traditions portant le même nom : Lamba.
La résidence s’est achevée par un atelier ouvert au Studio Voltaire, offrant au public londonien l’occasion de découvrir cette recherche artistique et, surtout, d’entrevoir la richesse du patrimoine visuel Lamba du Katanga.



À travers cette réinterprétation, Georges Senga ne se contente donc pas de créer de nouveaux motifs : il contribue à faire connaître, préserver et projeter dans l’art contemporain un patrimoine culturel féminin et katangais longtemps resté peu visible au-delà de son territoire d’origine.

Pour en savoir plus sur son travail, vous pouvez contacter l’artiste Georges Senga via son compte Instagram: @georges_senga
