Kinshasa, 21 août 2026 — Face à la propagation de l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo, Delly Sesanga hausse le ton et interpelle directement le Gouvernement. Dans une déclaration publiée ce vendredi, l’opposant estime que la situation sanitaire impose désormais de « regarder les faits en face » et réclame une réponse à la hauteur de ce qu’il qualifie d’urgence sanitaire susceptible de se transformer en crise nationale.
Selon Delly Sesanga, la surveillance épidémiologique n’aurait pas été suffisamment efficace. Alors que l’épidémie avait initialement été signalée dans trois zones de santé de l’Ituri — Mongwalu, Rwampara et Bunia —, elle est désormais signalée dans six provinces : l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, la Tshopo, le Haut-Uélé et le Bas-Uélé.
Pour le président de l’Alliance des Congolais pour le Renouveau (ACR), cette extension géographique constitue un « signal d’alerte majeur » qui ne peut plus être banalisé. Il estime que la forte mobilité des populations, l’exploitation minière artisanale, les déplacements internes, la guerre et la présence de groupes armés compliquent certes la surveillance et le suivi des contacts, mais ne peuvent, selon lui, servir durablement à justifier les insuffisances de la riposte.

« L’épidémie ne se gère pas par la communication politique »
Delly Sesanga critique également ce qu’il considère comme une gestion trop axée sur la communication et les descentes ministérielles. Il appelle à privilégier l’expertise technique et l’action sur le terrain.
Il préconise notamment une chaîne de commandement technique claire, une surveillance renforcée, la détection et l’isolement rapides des cas, une prise en charge efficace des malades ainsi qu’un suivi rigoureux des personnes ayant été en contact avec les patients.
L’opposant demande ainsi au Gouvernement de « dépolitiser » la gestion de la riposte et de rétablir la primauté de l’expertise technique. Il plaide également pour une meilleure orientation des ressources vers les zones touchées et davantage de transparence dans leur utilisation.
Quatre priorités mises en avant
Dans sa déclaration, Delly Sesanga identifie quatre priorités pour améliorer la riposte : restaurer la confiance des communautés grâce à une communication de proximité, réorienter les moyens vers le terrain, confier davantage le leadership opérationnel aux techniciens et anticiper les risques de persistance ou de résurgence de la maladie.
Il insiste particulièrement sur le rôle que devraient jouer l’Institut national de santé publique (INSP) et l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) au cœur du dispositif de riposte, avec l’appui des partenaires techniques.
Pour Delly Sesanga, l’heure n’est plus aux annonces, mais aux résultats. « Ebola ne se combat pas par les effets d’annonce », soutient-il, appelant les autorités à privilégier l’efficacité opérationnelle, la transparence et la présence effective des équipes sur le terrain.
Cette sortie intervient alors que l’extension de l’épidémie à plusieurs provinces accentue les inquiétudes autour de la capacité des autorités à contenir rapidement la propagation du virus.
